jongere zit voor scherm van laptop en maakt zich duidelijk zorgen     © Tim Gouw

Le déséquilibre entre l’offre et la demande fait grimper le nombre de jeunes sans emploi

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Les derniers chiffres de l’Office national de l’emploi (ONEM) révèlent que le chômage des jeunes a aujourd’hui atteint un niveau record par rapport aux quatre dernières années. Le phénomène s’explique notamment par le décalage entre les qualifications délivrées par le système d’enseignement et les exigences du marché du travail.

Le nombre de jeunes demandeurs d’emploi de moins de 25 ans bénéficiant d’une allocation s’élevait à 23.400 en mars 2025, soit près de 1500 de plus que le mois précédent. Il s’agit du nombre le plus élevé depuis le printemps 2021. C’est ce que révèlent les dernières statistiques de l’ONEM. Concrètement : en Flandre, 8471 jeunes sont sans emploi et perçoivent une allocation, ce qui représente une augmentation de 727 en un mois de temps. En Wallonie, on en compte 12.598, avec là aussi une hausse de 730.

Les jeunes ne sont pas les seuls touchés par cette augmentation du chômage ; d’autres catégories en souffrent également. En mars, la Belgique comptait au total 302.098 chômeurs complets indemnisés demandeurs d’emploi (prépensionnés compris). Depuis janvier 2023, c’est la première fois que nous dépassons à nouveau le seuil des 300.000, d’après les chiffres de l’ONEM. Cette donnée mérite toutefois une attention accrue en ce qui concerne les jeunes. 

Les chiffres du chômage des jeunes sont généralement un baromètre qui reflète une période économique difficile. « Le chômage chez les jeunes est plus sensible aux fluctuations conjoncturelles que le chômage global », déclare Dieter Verhaest, professeur en économie de l’éducation à l’UGent.

Un effet cicatrice

Selon Tom Simonts, analyste chez KBC, d’autres facteurs entrent également en jeu. « Le problème du chômage des jeunes ne se limite pas à notre économie, il s’agit d’une préoccupation qui touche toute l’Europe, le Royaume-Uni et les États-Unis. Avec des chiffres pouvant atteindre jusqu’à 25%. Il est beaucoup question de la guerre des talents, mais on observe un décalage certain entre les qualifications délivrées par le système d’enseignement et les exigences du marché du travail. Il suffit de regarder la liste des métiers en pénurie. Et puis, il y a la dimension générationnelle. Les jeunes ne se contentent plus de n’importe quel emploi. Cette optique est parfois quelque peu poussée à l’excès, mais elle a une réelle influence. »

Le chômage des jeunes met-il notre société en difficulté ? « Dans la littérature, on évoque “l’effet cicatrice” », comme l’avait déjà expliqué Stijn Baert, professeur en économie du travail à l’UGent. « Une personne qui a connu une longue période de chômage au début de sa carrière est susceptible de connaître les mêmes difficultés plus tard dans son parcours. Et les employeurs n’apprécient guère voir des trous dans un CV. On perçoit les personnes qui sont ou ont été au chômage de longue durée comme étant moins motivées et plus difficiles à former. » Les jeunes ont dès lors tout intérêt à intégrer rapidement le marché du travail.

9 mai 2025 | Johan Van Praet

Source : Arthur De Meyer dans De Standaard

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